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 Shinoda Kaede

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Shinoda Kaede
Aisu no Chou
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MessageSujet: Shinoda Kaede   Mar 6 Mai - 16:53

Prénom : Kaede
Nom : Shinoda
Surnom(s): Kae la plupart du temps. Certains l’appellent « Akumu » (Cauchemar).

Nationalité : Japonaise

Clan : Shukon

Age : 28 ans
Métier : Yakuza
Orientation sexuelle : Bisexuelle

Rang souhaité : Aisu no Chou

Casier Judiciaire :
Avant la majorité :
° Dégradation de la propriété d’autrui : l’affaire a débouché sur un non lieu, faute de preuves.
° Agression : jugée coupable, la sentence s’est limitée à un séjour en maison de redressement.
Depuis la majorité :
°… Rien.

Description physique :
Ça devait bientôt faire un quart d’heure de Daisuke était accoudé à sa fenêtre à jouer les voyeurs. Il avait même sorti une paire de jumelles pour se délecter du spectacle. Dans l’immeuble d’en face, un étage en dessous du sien, une jeune femme jouait du violoncelle. Une simple jeune femme, mais ça faisait maintenant au moins une semaine qu’il ne pouvait s’empêcher de l’observer. Dans la lumière du soir, ses cheveux détachés renvoyaient des reflets fauves, chaleureux, en écho parfait avec le bois de l’instrument. Mais en vérité, il s’attardait un peu plus sur le physique. Il fallait dire que, dans l’intimité de son appartement, cette femme n’était pas très habillée. Elle ne portait qu’une nuisette dévoilant son dos musclé, et accessoirement le dragon qui y était tatoué. Il en suivit les contours, avides, poursuivant sur les jambes fuselées. Elle n’était pas aussi blanche que la plupart des superbes femmes japonaises. Elle, elle avait laissé le soleil caresser son corps assez pour donner à sa peau cet aspect clair mais doux. Daisuke aurait d’ailleurs bien voulu prendre la place de l’instrument, serré entre ses cuisses. Mais avant que ses pensées ne s’égarent d’avantage, il remonta sensiblement ses jumelles. Elle n’était pas très pulpeuse. En fait, il estimait que les courbes de la jeune femme devaient approcher la perfection pour ce qui était de l’équilibre. Elle était belle, ça ne faisait aucun doute. Les lèvres pulpeuses, les longs cils noirs, les sourcils parfaitement dessinés… Elle avait les yeux fermés, sans doute plongée dans les notes qu’elle répétait inlassablement, faisant crier l’âme de son violoncelle à travers les cordes. Mais il n’entendait rien. La fenêtre fermée empêchait à la musique de s’échapper, la gardant tout comme la femme jalousement enfermée. Mais il devinait sans peine que le silence était revenu.

L’archet s’était immobilisé. Daisuke fut quelque peu surpris en observant la main qui le tenait. Fine, gracieuse, mais un peu abimée. Les jointures portaient quelques marques, difficiles à saisir. Quand il remonta, il constata sans peine qu’elle avait rouvert les yeux et semblait regarder dans sa direction. Non, elle le fixait même, malgré la distance, malgré la hauteur. Par réflexe, il se laissa glisser sous sa fenêtre, dos contre le mur. Toute la beauté du spectacle s’était brutalement brisée. Ses yeux… Elle qui paraissait tellement vivante, tellement passionnée dans son art l’avait glacé jusqu’aux os. Les prunelles d’un bleu arctique le hantaient encore, comme si elle était maintenant là, face à lui. Il n’y avait qu’indifférence, comme si elle n’avait rien d’humain, comme si dans ce corps magnifiquement sculpté se cachait un monstre. Au bout de quelques minutes il osa se relever. La jeune femme avait rangé le violoncelle et était en train de relever ses cheveux, debout face à un miroir semble-t-il. Elle était grande, du moins un peu plus que lui. Environ un mètre soixante dix-huit ? Quelque chose comme ça. La nuisette glissa sur les courbes alléchantes pour finir sur le sol. Il remarquait alors à quel point elle devait s’entretenir. Chacun de ses muscles se dessinait de manière subtile sous sa peau. La jeune femme disparut derrière une porte.
Peut-être qu’il devrait arrêter de jouer les voyeurs…



Description psychique :
« Non… Non, pitié ! Je ne recommencerai pas, je le jure. »

Kaede lâcha un profond soupire méprisant. Ça devait bien faire… Oh, six heures, vingt-deux minutes et quelques secondes qu’elle avait pendu ce type au plafond. Pour un peu, elle aurait presqu’eu pitié de lui. Pour un peu, elle aurait presqu’eu un cœur.

« Chut… Arrête de faire des promesses, tu seras bientôt libre de toute manière. »

Le type sembla se calmer, mais il ne savait plus trop si c’était la peur ou le froid qui le faisait trembler. Il avait été déshabillé, frappés, brisé aussi. Pourtant elle n’avait pas beaucoup parlé. De fait, c’était même les premiers mots qu’elle prononçait depuis qu’il avait dit ce qu’elle voulait. Elle n’avait pas eu besoin de demander, mais il savait très bien pourquoi un membre du clan Shukon l’avait enlevé. Il n’avait rien vu venir. Avant, il dormait paisiblement chez lui et maintenant…
En face de lui, Kaede était assise sur une chaise, jambes croisées, des partitions entre les mains. Sur une table basse à côté d’elle on trouvait toute une collection de poings américains soigneusement déposés. Certains étaient tâchés du sang du pauvre homme maltraité. Il frémit d’ailleurs en voyant la forme plus qu’inquiétante de ceux qui n’avaient pas encore servi. De fait, jamais il n’avait vu Kaede, mais le surnom d’Akumu lui était déjà parvenu. En temps normal, il aurait eu beaucoup de peine à croire qu’une jeune femme aussi belle que calme pouvait être ce cauchemar qui faisait frémir pas mal d’ennemis du clan Shukon. Mais depuis qu’il était là, il comprenait parfaitement comment elle avait pu acquérir une réputation pareille. On la disait sinistre et dénuée de sentiments humains. Elle pouvait sourire, rire, avoir l’air douce et tendre, sans qu’elle ne connaisse réellement l’une de ces émotions. Un de ses amants avait cependant laissé entendre qu’elle était capable d’aimer, mais pas ses semblables humains. A vrai dire, son amour n’était réservé qu’à la musique. Elle paraissait tellement distante, presque méprisante. Pourtant il l’avait vu sourire du coin de l’œil, quand s’était tranquillement lavée les mains pour enlever le sang qui les salissaient. Elle n’avait aucune blessure, aucune trace de fatigue. Elle devait être habituée à frapper fort et longtemps, sans doute.
La sonnerie du téléphone portable de Kaede le fit sursauter. Elle décrocha machinalement, sans quitter ses partitions des yeux. Ses seules réponses furent quelques « mhm » avant de raccrocher. Elle rangea ensuite ses partitions sous le regard angoissé du pauvre torturé.

« Tu as été honnête, Satô-kun. La marchandise a été entièrement récupérée. »
« Vous allez me libérer alors ? »
« Bien entendu… »


Elle s’était à présent glissée derrière l’homme, ses mains défaisant la corde où étaient accrochées les menottes du pauvre homme. Il baissa lentement les bras, tant par la douleur que par l’appréhension. Pourquoi avait-il cette horrible sensation d’être une petite souris entre les anneaux d’un serpent ? Il cessa même de respirer quand les mains de la jeune femme avaient glissé sur sa tête, sur ses cheveux gras et collés par le sang.

« Apprécie cette liberté… »

Un craquement écœurant retenti dans la pièce. Les mains de la jeune femme avaient purement et simplement brisé la nuque du pauvre homme. Son corps s’effondra sur le sol dans un bruit mat. Pour la première fois, depuis un moment, il y avait de la vie derrière ses prunelles de glace. Une sorte de joie perverse. Non, plutôt quelque chose qui se rapprochait du bonheur. Kaede leva vers le plafond son sourire enchanté, refermant les yeux.
Elle trouvait quelque chose d’orgasmique dans un simple meurtre. Dommage que ça n’arrive trop peu souvent. Sa réputation de cruauté sanguinaire, de sadisme étouffé, était parfaitement justifiée. Heureusement que ces petites choses étaient réglementées par sa loyauté sans limite envers le clan.


Signe(s) particulier(s) : Elle possède un tatouage dans le dos. Un dragon sans couleur, fait à l’encre noir, qui s’élève du creux de ses reins, la tête achevant sa course derrière son épaule gauche.
Les seuls bijoux qu’elle porte son un piercing au nombril, un autre à l’oreille gauche, et trois à l’oreille droite.
Certains racontent qu’elle a aussi un papillon tatoué quelque part, mais la question c’est… Où ?

Buts : Très égoïstement, elle ne souhaite que vivre, dans un certain confort cela va sans dire. Mais il est aussi évident qu’elle a bien l’intention de faire ce qu’il faut pour que le clan Shukon demeure le plus influent.

Arme de prédilection/Style de combat : Kaede est troisième Dan de Kenpo Kai et pratique activement le Võ-Viêtnam. Plus officieusement, elle pratique le Nin-Jutsu et peut être considérée comme particulièrement brillante au tir (du moins avec des petits calibres). Ses armes de prédilection restent les poings américains et son neuf millimètres.

Devise ou citation : On est jamais mieux servi que par soi-même.
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Shinoda Kaede
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MessageSujet: Re: Shinoda Kaede   Mar 6 Mai - 16:54

Histoire :
Il était une fois…
Grand dieu que c’est ennuyeux !!!
Oui, mais c’est comme ça que commencent les histoires, alors…
…Il était une fois, dans la ville d’Aomori, deux petites filles qui jouaient à la poupée. Leur ressemblance était impressionnante ! Elles avaient les mêmes cheveux noirs aux reflets chauds, les mêmes yeux bleus pétillants de vie, le même rire amusé. L’une s’appelait Kaoru et l’autre Kaede. Leur maman les regardait avec une pointe de déception cependant. Elle aurait voulu un fils, au lieu de ça elle avait eu deux filles. A l’annonce, elle aurait presque préféré ne jamais être tombée enceinte, mais leur père semblait tellement ravi !
Les petites ne manquaient de rien. Il fallait dire que monsieur Shinoda était un riche industriel sans réels soucis d’argent. Dès leur plus jeune âge, Kaoru et Kaede étaient chouchoutées, adorées par leur père. Dès leur plus jeune âge, elles étaient méprisées, et souvent rabaissées par leur mère. Le monde était ainsi, on ne pouvait pas plaire à tous, et les deux fillettes le savaient.
Mais peu importe, elles s’aimaient, et c’était tout ce qui comptait.

***


« Soyez attentifs, les enfants ! »

On se demandait bien pourquoi l’enseignante faisait ce genre de demande. Dans la classe, les élèves étaient studieux. C’était une école privée comme il y en avait beaucoup. Assise droite à sa table, Kaede avait tracé cinq lignes sur son cahier d’exercice et commençaient à les orner de notes. Elle n’écoutait pas l’enseignante. Il fallait dire que cette vieille peau passait son temps à répéter des choses évidentes. Pourquoi les autres élèves de la classe ne trouvaient-ils pas ça ennuyeux ? A croire qu’ils n’enregistraient rien d’un cours à l’autre.

« Shinoda-chan !! Qu’est-ce que c’est que ça ? »

L’enseignante venait de lui arracher ses portées sans la moindre sympathie. Les yeux pâles et inexpressifs de Kaede se levèrent sur la dame le plus naturellement du monde.

« Ceci est une partition, sensei. »

Le reste de la classe éclata de rire, faisant le teint de l’enseignant dans un beau rouge cramoisi. Elle tira la fillette par le col de sa chemise et l’entraîna avec elle dans le couloir, abandonnant la classe. L’impudente allait se faire corriger cette fois-ci, c’était évident. Devant la porte du directeur, une autre fillette identique se tenait sagement à côté de son professeur. Le regard de Kaede tomba sur celui de sa sœur et malgré elles, toutes les deux eurent un petit sourire. Elles se retrouvaient régulièrement dans ce genre de situation, mais ce n’était pas vraiment leur faute. De riches petites filles dont le papa faisait de généreux dons à l’école, et qui passaient leurs années sans problèmes, c’était dérangeant. Surtout quand leurs résultats scolaires n’avaient rien à voir avec leur père. Il fallait bien avouer que les jumelles Shinoda étaient tout simplement brillantes.
Pendant la pause de midi, quand tout le monde allait manger, Kaoru et Kaede nettoyaient le couloir principal de l’école.

***


« Je sais très bien que c’est toi… »

Kaede avait douze ans, et face au directeur de sa nouvelle école, elle restait d’un calme olympien. En fait, on aurait dit que toute cette affaire lui passait des kilomètres au-dessus de la tête. Quelques jours plus tôt, un incendie avait ravagé le gymnase, détruit le matériel et atteint en partie le bâtiment principal. L’école avait dû être évacuée en urgence, et certains élèves avaient même été blessés. Il fallait croire que l’alarme incendie s’était déclenchée avec un temps de retard…

« Impossible, sensei, j’étais en cours au moment de l’accident. Vous devriez peut-être consulter la liste des absences… »

Et le pire, c’était qu’elle disait vrai. Le directeur avait sous les yeux la liste de classe de ce jour-là, et le nom de l’insolente y figurait bel et bien. Comment avait-elle fait ? C’était tout simplement impossible. Une erreur peut-être ? Non, les témoignages de ces camarades de classe allaient en sa faveur. Certains même avaient dit qu’elle ne suivait pas en classe et écrivait des notes de musique sur une feuille d’exercice. Après quelques heures de questions posées et reposées, Kaede quitta l’école. Depuis ses dix ans, elle et Kaoru avaient été séparées, envoyées dans des écoles différentes. Kaoru se trouvait dans un établissement privé qui favorisait les talents scientifiques, et Kaede avait été envoyée dans ce lieu où l’on retrouvait de nombreux petits prodiges de la musique. Elle excellait en violoncelle, étant même devenu une référence pour ses camarades qui se fiaient plus à son oreille qu’aux recommandations des professeurs. Une question de savoir faire, sans doute. Il fallait dire que Kaede savait exactement comment s’y prendre pour se faire aimer ou détester. Et à choisir, elle préférait être appréciée par les quelques trois cents élèves de l’école que par la misérable cinquantaine de professeur. Un simple calcul statistique de profit, en vérité.
Il lui fallait compter deux heures de train et quinze minutes de marche pour rentrer. Mais à peine sortie de la gare, sa sœur l’attendait.

« Alors ? »
« Comme je te l’avais dit. Ils sont vraiment trop bêtes… »
« Tu devrais arrêter de jouer à ça. C’était un pur coup de chance que ma prof de physique soit absente ce matin-là. »
« Oui, un coup de chance… Mais tu as très bien joué mon rôle. Elle te plait mon école ? »
« Je préfère la mienne. Les profs sont curieux, cherchent à avancer. Les tiens, ils descendent un élève chaque fois qu’il se montre plus malin qu’eux. »
« Ah ben tu vois… »
« Kae-chan, ça ne justifie pas une vengeance pareille. »
« Ce n’était pas une vengeance. Juste un petit avertissement. »


Kaoru eut un frisson aux dernières paroles de sa sœur. Encore heureux qu’elle ignorait que la maladie de son professeur n’était pas qu’un simple hasard. Au moins l’avertissement avait porté ses fruits. Kaede a vu sa popularité grimper dans le courant de l’année, et le directeur ne l’avait plus jamais convoqué dans son bureau. Parce qu’elle paraissait innocente, sans doute…

***


Le bruit de la gifle se répercuta sur les murs du salon. Figée, les mains contre sa bouche, Kaoru n’osait pas faire le moindre mouvement. Kaede, elle, redressait calmement la tête, sans paraître gênée par le sang qui commençait à perler au coin de ses lèvres. Il n’y avait rien. Aucun reproche, aucune rage dans ses yeux, contrairement à ceux de sa mère plus que furieuse.

« Tu m’as désobéi… Encore. »

La voix de leur mère tremblait sous la colère. Kaede avait quatorze ans, et pas grand-chose à faire de l’autorité maternelle. A vrai dire, elle hésitait presque à lui rendre cette gifle, mais elle savait pertinemment que l’effet aurait été plus… Brutal. Elle ne dit rien pour sa défense. Son crime pour cette fois avait été ce piercing au nombril. Un petit trou sans importance qui la faisait passer pour une catin aux yeux de sa mère.

« Pourquoi n’essaies-tu pas de ressembler à ta sœur ? »

Pour toute réponse, Kaede eut un sourire répugnant. Le sourire hautain et méprisant que savait si bien faire sa mère. Sa langue glissa sur ses lèvres, léchant le sang avant qu’il ne coule tandis que la main maternelle se levait à nouveau et…
Kaoru s’interposa, serra sa mère dans ses bras en sanglotant pour l’empêcher de frapper à nouveau sa sœur. Détrompez-vous, elle ne protégeait pas Kaede, elle protégeait leur mère. La dernière fois que sa Kae avait sourit pareillement, leur voisin avait fini à l’hôpital et elle en maison de redressement. Kaede l’avait tout simplement massacré avec le savoir qu’elle avait acquis au dojo du quartier avec le soin financier de papa. Une bonne manière de rentabiliser, non ? Vous voulez savoir ce que le pauvre bougre avait fait pour mériter un tel sort ? Il avait simplement dit à Kaede qu’il brûlerait son beau violoncelle si elle continuait à l’ignorer. Maintenant, il préférera très certainement être ignoré.
La maison de redressement ne l’avait pas rendue plus sympathique. Mais au moins elle y a appris à se contrôler. Il fallait dire que malgré ses talents, certaines filles étaient plus hargneuses qu’elle. Mais dès la troisième semaine, elles avaient arrêté de la frapper. Kaede n’a jamais eu besoin de demander. Elle encaissait bien, se relevait sans cesse, et commençait à filer des sueurs froides aux autres pensionnaires. Elles ont prétexté l’ennui pour pouvoir ne plus s’approcher d’elle. Dommage… Kaede aurait bien voulu une excuse aussi pour pouvoir sortir de ses gonds.
Mais pour en revenir au salon, Kaede était dégoûtée… Oui, elle pouvait ressentir du dégoût, tant pour sa mère qui n’aurait jamais dû avoir d’enfant que pour sa sœur qui suivait aveuglément le chemin tracé par maman en brave petite fille qu’elle était. Finalement, il y avait un gouffre entre les jumelles. Quant à monsieur Shinoda, à part donner de l’argent de poche et partir en voyage d’affaire, il ne faisait rien de bien paternel. C’était lassant et écœurant. Tellement que Kaede se détourna de sa mère et sa sœur pour aller dans sa chambre. Elle ne mit que quelques minutes pour remplir son sac de sport de vêtements et prendre son violoncelle. Elle ne jeta même pas un dernier regard à sa mère en quittant la maison familiale.

***


Tokyo, ville de tous les rêves et de tous les cauchemars. Ce n’est pourtant pas l’espoir d’une quelconque grandeur qui avait poussé Kaede à s’y rendre. De fait, elle ne s’y était rendue que pour une seule raison : la taille de la ville. C’est plus facile de vivre dans un endroit où personne ne vous connait, non ?
Pourtant ce jour-là, sous la pluie, Kaede paraissait perdue pour la toute première fois. Dans sa poche, elle tenait serré une liasse de billet. Cet argent, elle l’a eut honnêtement, en revendant son instrument. Vivre à Tokyo pouvait coûter cher, et l’argent de poche n’avait pas duré longtemps. Elle aurait pensé que son instrument la nourrirait, mais non. C’était son tout premier et son dernier rêve. Maintenant, il ne lui restait plus rien.
En face d’elle, sur le trottoir opposé, le brocanteur auquel elle avait vendu son instrument était en pleine conversation avec un client. Elle le voyait maintenant retirer de la vitrine le magnifique violoncelle qu’elle lui avait vendu. Une pièce pareille ne pouvait que trouver preneur rapidement. Combien en avait-il tiré ? Sans doute le double de ce qu’il lui avait donné. Les yeux vides de Kaede se baissèrent sur le sol battu par la pluie. Tant pis… Elle ne s’imaginait pas pouvoir un jour le récupérer de toute façon. L’eau cessa de lui marteler la tête. Dans son champ de vision, une paire de chaussures cirées s’étaient imposées. Elle releva la tête pour tomber nez à nez avec un homme de la cinquantaine, un parapluie dans une main e un superbe étui à violoncelle dans l’autre.

« C’est à toi, non ? »

Kaede ne répondit rien. Le type l’avait sans doute vu vendre l’instrument, pas besoin d’être un génie pour ça. Pas besoin non plus de donner une réponse aussi évidente. Ses yeux se détachèrent de l’étui pour se reposer sur l’homme sans le moindre sentiment. Même cet air perdu avait totalement disparu.

« Je t’ai vu jouer dans le parc du centre l’autre jour. Tu es douée et je manque de distraction. Je voudrais t’engager comme aide au ménage et musicienne. Le salaire sera pittoresque, mais tu auras un toit et de la nourriture. »

Il avait parfaitement compris qu’elle ne ferait aucun commentaire, alors il avait simplement parlé. Il n’attendait plus qu’une chose, une acceptation ou un refus. Pendant quelques secondes, le seul son à s’élever fut celui de la pluie. Il tendit l’étui à Kaede. Ce fut la seule chose qui la fit accepter l’offre.
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MessageSujet: Re: Shinoda Kaede   Mar 6 Mai - 16:55

***



Finalement Kaede n’a jamais aidé les femmes de ménage. L’homme qui lui avait offert un toit se contentait simplement de l’écouter jouer de temps à autre. D’ailleurs il ne se gênait pas pour la montrer à ses invités. Certains imaginaient sans peine qu’elle devait aussi le divertir dans le confort d’un lit. Etrangement, il n’a jamais essayé de la toucher. Sans doute pensait-il que le charme de la jeune fille se briserait si quelqu’un venait à mettre ses sales pattes sur elle. C’était peut-être vrai, mais Kaede elle-même n’y croyait pas le moins du monde.
Pour en revenir au présent, elle était allongée sur un lit, dans une des luxueuses chambres de la maison. Paisiblement endormie, elle avait l’air d’un ange. Rien à voir avec la réalité.
Une main tendre se posa sur sa tête, lui faisant ouvrir les yeux.

« Bien dormi mon cœur ? »

La femme de son patron lui faisait un sourire tendre, penchée sur elle, avant de l’embrasser amoureusement. Kaede fricotait régulièrement avec cette femme. Sans doute son mari était-il trop obsédé par le pouvoir qu’il la négligeait. Ce qui d’ailleurs était tout au bénéfice de la gamine de seize ans qu’était notre héroïne. La femme l’aimait visiblement. Plus qu’elle ne le devrait d’ailleurs. Elle ne lui demandait cependant jamais de jouer de son instrument. Sans doute prenait-elle le charme de la jeune fille là où son mari n’avait jamais osé. Kaede menait une vie de château, mais ne semblait pas apprécier, ni même détesté d’ailleurs. A vrai dire ça lui était égal. La seule raison qui l’avait fait accepter l’offre, c’était le retour de son précieux instrument.
Quelques instants plus tard, Kaede quittait la chambre pour aller rejoindre la sienne, tombant en chemin sur quelques employés de maison dont un charmant jeune homme qui devait avoir environ le même âge qu’elle. Juste pour voir, elle lui sourit, et le pauvre garçon vira au rouge pivoine. Trop facile à intimider, juste un éventuel jouet. Il n’avait dès lors plus aucun intérêt pour elle. Kaede alla prendre une douche, puis changea de vêtements. Depuis la fenêtre de sa petite chambre, elle entendit une conversation. Les mots qu’elle saisit étaient plutôt rares mais pertinents. « Concurrence, Shukon, drogue… » Que des choses très intéressantes. Ce qu’elle comprenait surtout, c’était que le patron avait des problèmes.

***


La lune avait presque totalement disparu. La nuit était calme pourtant. Dans cette ruelle désolée, il n’y avait que Kaede, et un homme agenouillé devant elle. L’extrêmité du silencieux de la jeune femme était posée contre la boîte crânienne du futur cadavre. Le visage était familier, malgré la peur qui en déformait les traits. Son patron ne comprenait pas pourquoi elle faisait ça. Pourquoi sa si jolie petite musicienne voulait le tuer à présent. Ou peut-être qu’il comprenait ? Sa luxueuse maison avait brûlé, avec les employés et avec sa femme. Pourtant Kaede avait été clémente ! Elle avait attendu pas mal de temps avant de les trahir. Deux ans, c’est énorme, non ? Elle avait dix-huit ans et une folle envie de changer d’air.
Comment s’y est-elle prise ? Oh, c’est très simple en fait. Elle a tout simplement été dire au clan Shukon que son patron essayait de détourner les bénéfices de la revente de drogue à Tokyo. Tôt ou tard, le clan s’en serait rendu compte. Kaede est peut-être issue d’une autre ville, mais elle avait très vite compris comment fonctionnait Tokyo. A présent, elle n’avait plus la moindre hésitation. Elle prenait juste son temps, observant l’horreur dans les yeux de son ex-patron. Elle comprenait très bien la peur, elle savait ce que c’était. Mais quand quelqu’un d’autre la ressentait, elle avait, comment dire… Des frissons d’extase dans tout le corps. La souffrance d’autrui était vraiment délicieuse, mais le paroxysme restait la mort.
Elle pressa sur la gâchette, le corps s’effondra sur le sol, répandant de la cervelle et du sang parmi les ordures. Une main lourde s’abattit sur son épaule.

« Bienvenu au sein du clan Shukon. »

***


Une fine couche de neige recouvrait ce cimetière d’Aomori. Regroupés ensembles, quelques personnes en tenues sombres retenaient leurs larmes, mais pas Kaede. Elle, elle restait insensible, vaguement atteinte par la mort de ses parents. Un accident de la route, paraît-il. Kaoru avait remué ciel et terre pour retrouver sa sœur afin qu’elle participe aux obsèques. Kaede avait beau chercher dans sa mémoire, elle était convaincue que jamais elle n’avait réellement aimé ses parents. Sa sœur en revanche… Voir Kaoru pleurer lui faisait presque de la peine. De fait, tout avait été très pompeux dans ces obsèques, même les déclarations hypocrites des actionnaires de son père qui s’en mettaient plein les poches avec sa mort.
Kaede ne resta même pas pour le repas qui avait suivit. Elle ne voulait qu’une chose, revenir à Tokyo. Elle avait du travail et refusait de perdre son temps en sentimentalités futiles.
Kaoru proposa de ramener la ramener, à l’écart de tous. Pendant le trajet en voiture, elle Kaede se surprit à lui demander ce qu’elle était devenue. Malgré leur apparence identique, Kaoru semblait plus dévastée par le temps que sa sœur. A 28 ans, elle travaillait dans un petit laboratoire et était incapable de garder quelqu’un dans sa vie. Faible et pitoyable, c’était les seuls qualificatifs que Kaede trouvait à sa jumelle. La vie même était devenue une torture pour elle, n’avait-elle pas assez souffert ?
Kaede commis pour la première fois un acte de charité. Elle a invité sa sœur à dormir et, après avoir mis une bonne dose de sédatifs dans le vin, elle avait injecté une dose mortelle de Morphine. Sa sœur n’aurait plus à souffrir de la vie, et elle, elle n’aurait plus jamais la moindre contrainte familiale.
C’est un peu facile, comme fin, non ? Tout cet amour entre sœur réduit à néant. Mais Kaede est ainsi, les choses qui finissent pas la gêner ou lui faire de la peine, elle les supprime. La mort de Kaoru est très certainement la seule à ne pas lui avoir donné du plaisir. Penchée sur le corps de sa sœur, elle embrassa les lèvres déjà froides de la défunte, murmurant encore quelques mots d’amour. Elle se débarrassa du corps, sans trop de problèmes. Kaoru n’avait pas d’ami, personne pour la regretter sauf elle.
Le soir même, Kaede s’ouvrait une autre bouteille et regardait les vieux albums de famille qu’elle avait pu récupérer.
Le passé est loin, tellement qu’elle ne regrette déjà plus sa sœur.
Tout ce qui importe maintenant, c’est qu’elle continue à faire du bon travail. Après tout, c’est pour ça qu’elle est payée, non ?

Inventaire :
° Ses vêtements (heureusement pour elle) habituellement constitués d’un pantalon soigneusement taillé, d’un bustier ou tout autre haut élégant et d’un blouson de cuir par-dessus le tout.
° Une moto ( Honda Blackbird)
° Un I-phone deux (parce que celui-là a le gps)
° Un porte-monnaie avec ses cartes, bien évidemment
° Un neuf millimètre toujours placé sur elle.
° Deux poings américains standards dans la poche.
° Son instrument et ses partitions restent à la maison, cela va sans dire.
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MessageSujet: Re: Shinoda Kaede   Mar 6 Mai - 17:09

Bah sincèrement je n'ai rien à redire, tu fais toujours d'excellente fiche comme à ton habitude.

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